PDP, PPF, plateforme agréée : qui fait quoi dans la facturation électronique
PDP, PPF, plateforme agréée, annuaire, e-reporting : on décode les sigles de la réforme et on suit le circuit concret d'une facture électronique, étape par étape.
Vous lisez la réforme et vous tombez sur une soupe de sigles : PDP, PPF, PA, e-reporting, annuaire. On ne sait plus qui envoie, qui reçoit, qui déclare. Ce n’est pas de votre faute : le vocabulaire officiel a changé plusieurs fois, et certains acteurs n’ont plus le rôle qu’on leur prêtait au départ. Voici ce que chaque sigle veut dire, et surtout le trajet réel d’une facture entre le moment où vous la validez et celui où votre client la reçoit.
Les sigles, traduits en français simple
Commençons par poser les mots, sans jargon.
La plateforme agréée (ex-PDP)
C’est le sigle central, celui à retenir. Une plateforme agréée est un opérateur privé, immatriculé par la DGFiP, autorisé à faire circuler vos factures électroniques. On l’appelait au départ PDP, pour « plateforme de dématérialisation partenaire ». Le terme officiel est devenu « plateforme agréée », mais vous croiserez encore « PDP » un peu partout : ce sont bien deux noms pour la même chose.
Concrètement, c’est votre boîte aux lettres officielle. Toute facture que vous émettez vers une autre entreprise française part par une plateforme agréée, et toute facture qu’un fournisseur vous adresse arrive par une plateforme agréée. Un simple PDF envoyé par e-mail ne fait plus foi en B2B.
Le PPF (Portail Public de Facturation)
Le PPF est le service de l’État. Au départ, il devait aussi transmettre gratuitement les factures. Ce rôle a été abandonné. Le PPF se recentre sur deux missions :
- Tenir l’annuaire central des entreprises.
- Concentrer les données de facturation et d’e-reporting vers l’administration fiscale.
Autrement dit, le PPF ne fait plus transiter vos factures. Il joue le rôle d’aiguilleur et de collecteur, en arrière-plan.
L’annuaire
L’annuaire est le registre qui associe chaque entreprise (identifiée par son SIREN, parfois un code plus fin comme le SIRET ou un numéro de routage) à sa plateforme agréée. C’est lui qui répond à la question : « Cette facture est pour l’entreprise X, à quelle plateforme dois-je la livrer ? » Sans annuaire, votre plateforme ne saurait pas où déposer la facture destinée à votre client.
L’e-reporting
L’e-reporting n’est pas une facture qui circule, c’est une déclaration de données. Il couvre tout ce qui sort du périmètre « facture entre deux entreprises françaises » :
- les ventes aux particuliers (B2C) ;
- les opérations avec des clients à l’étranger ;
- les données de paiement (encaissements).
Ces informations partent périodiquement vers l’administration, via votre plateforme agréée, sans qu’une facture électronique transite entre deux opérateurs.
Le circuit d’une facture, étape par étape
Le plus simple pour comprendre, c’est de suivre une facture du début à la fin. Prenons le cas d’un artisan qui facture une entreprise cliente.
- Vous créez la facture dans votre outil, au format réglementaire (Factur-X, UBL ou CII). Le format Factur-X est un PDF lisible qui embarque un fichier de données structurées.
- Votre plateforme agréée récupère la facture. Elle contrôle le format et les mentions obligatoires.
- La plateforme interroge l’annuaire pour savoir quelle plateforme dessert votre client, à partir de son SIREN.
- La facture est livrée à la plateforme du client, qui la dépose dans son espace.
- Les statuts remontent : reçue, acceptée, éventuellement refusée. Vous suivez l’avancement sans relancer par e-mail.
- Les données de la transaction sont transmises au PPF, donc à l’administration fiscale, en arrière-plan.
Vous n’avez pas à connaître la plateforme de votre client ni à manipuler l’annuaire. Tout cela se joue entre les plateformes, automatiquement. Votre travail s’arrête à la création d’une facture au bon format.
Pour la réception, le trajet est le même, à l’envers : votre fournisseur émet, sa plateforme aiguille via l’annuaire, votre plateforme dépose la facture dans votre boîte de réception. C’est ce mécanisme qui rend la réception obligatoire pour toutes les entreprises dès le 1ᵉʳ septembre 2026. Le détail pratique est expliqué dans notre guide comment recevoir vos factures électroniques en 2026.
Ce que vous devez retenir selon votre situation
Vous êtes artisan, indépendant, en profession libérale ou à la tête d’une TPE ? Voici les seules choses qui vous concernent vraiment.
Vous devez être raccordé à une plateforme agréée
C’est la clé de voûte de la réforme. Sans raccordement, vous ne pouvez ni recevoir ni émettre dans les règles. En pratique, un logiciel de facturation déjà connecté à une plateforme agréée fait ce raccordement à votre place : vous n’avez rien à choisir ni à paramétrer.
Vos échéances
- 1ᵉʳ septembre 2026 : vous devez pouvoir recevoir des factures électroniques. Aucune exception.
- 1ᵉʳ septembre 2027 : vous devez aussi les émettre au format électronique, et transmettre votre e-reporting. Cette échéance vise les TPE, PME, micro-entreprises, artisans, indépendants et auto-entrepreneurs. Les grandes entreprises et ETI, elles, émettent déjà depuis 2026.
Le format ne se négocie pas
Vos factures B2B doivent être en Factur-X, UBL ou CII. Un PDF « libre » envoyé par e-mail ne suffit plus. La sanction pour un format non conforme est de 50 € par facture, plafonnée à 15 000 € par an (article 1737 III du CGI). À ne pas confondre avec l’amende pour mention obligatoire manquante, qui relève d’un autre alinéa. Le détail des pénalités est dans notre article dédié aux sanctions de la facturation électronique 2026.
Les confusions à éviter
Trois erreurs de lecture reviennent souvent.
- « Le PPF va tout gérer gratuitement. » Non. Le PPF ne transmet plus les factures. Vous avez besoin d’une plateforme agréée.
- « PDP et plateforme agréée sont deux choses différentes. » Non, c’est le même acteur sous deux noms, l’un ancien, l’autre officiel aujourd’hui.
- « L’e-reporting, c’est pour les grandes entreprises. » Non. Dès lors que vous vendez à des particuliers ou à l’étranger, l’e-reporting vous concerne à partir de septembre 2027.
Si un sigle vous échappe encore, notre glossaire reprend chaque terme de la réforme avec une définition courte. Et pour une vue d’ensemble du calendrier et des obligations, l’article facturation électronique 2026 : ce qui change fait le tour de la question.
Comment SWIPIFY se place dans ce circuit
SWIPIFY est un logiciel de facturation connecté à une plateforme agréée immatriculée par la DGFiP. Vous restez du côté simple du circuit : vous créez votre devis ou votre facture, le reste se joue en coulisses.
Sur le plan gratuit, à 0 € et sans carte bancaire à l’inscription, vous disposez déjà de :
- la création de devis, factures, avoirs, factures d’acompte, de solde et de situation ;
- la conformité Factur-X 2026 et 2027, sans configuration ;
- la réception des factures fournisseurs, connectée à une plateforme agréée ;
- le portail client avec paiement en ligne (Pay by Bank, par virement, via Stripe) ;
- l’application Android et la double authentification.
Le plan Pro, à 19,90 € HT par mois (ou 15,92 € HT par mois en formule annuelle, soit 20 % de remise), ajoute notamment l’IA vocale, l’extraction de vos anciens PDF, la signature électronique des devis, le catalogue, le tableau de bord de KPI, le multi-entreprises, le site vitrine avec domaine et e-mails pro, l’espace comptable, l’API publique et les webhooks. Le prix reste bloqué tant que votre abonnement reste actif.
La page facturation détaille la génération des documents et le suivi des statuts, et notre dossier complet sur la facturation électronique 2026 reprend le calendrier, les obligations et les réponses aux questions les plus fréquentes.
En résumé
Retenez trois choses. La plateforme agréée (ex-PDP) est votre boîte aux lettres officielle et votre raccordement obligatoire. Le PPF ne transmet plus rien : il tient l’annuaire et collecte les données. L’e-reporting couvre le B2C, l’international et les paiements. Le reste, l’aiguillage entre plateformes, la conformité du format, le suivi des statuts, se passe automatiquement dès lors que votre outil est connecté à une plateforme agréée.
La bonne nouvelle : vous n’avez pas à devenir expert en sigles. Vous avez à choisir un outil qui fait le travail à votre place, et à basculer avant vos échéances plutôt que dans l’urgence.
Calendrier de la réforme
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1er septembre 2026
Réception obligatoire pour toutes les entreprises
Chaque entreprise assujettie à la TVA doit pouvoir recevoir ses factures au format électronique via une plateforme agréée, quelle que soit sa taille.
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1er septembre 2026
Émission et e-reporting : grandes entreprises et ETI
Les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire doivent émettre leurs factures au format électronique et transmettre les données à l'administration.
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1er septembre 2027
Émission et e-reporting : PME, TPE et micro-entreprises
L'obligation d'émission et de e-reporting est étendue aux PME, aux TPE et aux micro-entreprises.
Sources officielles
- Facturation électronique et plateformes agréées DGFiP · impots.gouv.fr
- Je passe à la facturation électronique DGFiP · impots.gouv.fr
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre une PDP et une plateforme agréée ?
C'est la même chose. « PDP » (plateforme de dématérialisation partenaire) était l'ancien terme officiel. Depuis 2025, on parle de « plateforme agréée » : un opérateur privé immatriculé par la DGFiP, autorisé à émettre, transmettre et recevoir vos factures électroniques à votre place.
Le PPF va-t-il transmettre mes factures ?
Non. Le rôle de transmission par le Portail Public de Facturation a été abandonné. Le PPF se recentre sur l'annuaire central, qui identifie la plateforme de chaque entreprise, et sur la concentration des données vers l'administration fiscale. Vos factures passent par une plateforme agréée.
Dois-je choisir moi-même ma plateforme agréée ?
Vous devez être raccordé à au moins une plateforme agréée avant vos échéances. En pratique, un logiciel de facturation déjà connecté à une plateforme agréée fait ce raccordement pour vous : vous n'avez ni à sélectionner ni à configurer l'opérateur, c'est intégré à l'outil.
Qu'est-ce que l'e-reporting par rapport à la facturation électronique ?
La facturation électronique concerne les factures entre entreprises françaises (B2B). L'e-reporting est la déclaration des opérations hors de ce périmètre : ventes aux particuliers, clients à l'étranger, encaissements. Les données partent à l'administration sans qu'une facture électronique circule entre deux plateformes.